Management, organisations et économie circulaire

L’économie circulaire (EC) peut se définir comme un nouveau modèle qui vise à rompre le lien entre la
croissance économique, d’une part, et l’épuisement des ressources naturelles et les impacts
environnementaux, d’autre part. (…) L’économie circulaire repose sur deux mécanismes clés :

  1. Repenser nos méthodes de production et nos habitudes de consommation pour utiliser moins de
    ressources et protéger les écosystèmes qui les génèrent.
  2. Optimiser les ressources déjà utilisées dans nos sociétés.

Introduite à la fin des années 1980 (Pearce & Turner, 1989), l’EC ne cesse de gagner en popularité. Depuis
les années 2000, elle fait l’objet de politiques et réglementations de la part de nombreux gouvernements tels que la Chine, le Japon, l’UE (Union européenne), le Chili, la France, la Colombie ou encore le Brésil. L’EC gagne également du terrain dans le secteur privé où, suite au célèbre rapport de la fondation Ellen MacArthur (The Ellen MacArthur Foundation, 2013), elle est promue par des cabinets de conseil influents tels qu’Accenture, Deloitte, E&Y ou McKinsey, et adoptée par des entreprises bien connues du grand public comme Google, Michelin ou encore Heineken (voir Reike et al. (2018) pour l’historique du concept).
La raison de cette popularité réside largement dans le fait que l’EC propose une voie qui ambitionne de
transformer en profondeur le système économique mondial depuis nos économies locales jusqu’aux chaînes d’approvisionnement internationales qui fournissent la majorité de nos biens et services. L’EC constitue ainsi une approche particulièrement prometteuse face à l’un des plus grands défis de la gestion contemporaine : la transition vers une économie durable. À ce titre, l’EC fait l’objet d’un soutien officiel des Nations Unies (voir UNEA 4. Résolution 1 (UNEP, 2019) qui y voient une approche importante pour contribuer à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) pour 2030, et en particulier à l’ODD 12 «Consommation et production durables».

Coordination du numéro

  • Luc Brès, Faculté d’administration des affaires, Université Laval, Québec, Canada
  • Raymond Paquin, École de commerce John Molson, Université Concordia, Canada
  • Thomas Bauwens, Rotterdam School of Management, Université Erasmus, Pays-Bas
  • Emmanuel Raufflet, HEC Montréal, Canada
  • Adriane MacDonald, École de gestion John-Molson, Université Concordia, Canada
  • Bart van Hoof, Université des Andes de Bogota, Colombie

Questions et thèmes de recherche possibles (liste non exhaustive):

L’objectif de ce numéro spécial de Management international est donc de renforcer le dialogue entre la
recherche en gestion et l’EC. Nous pensons que ces deux courants sont très complémentaires. En effet, non seulement les recherches en management et autour de l’EC se complètent au niveau opérationnel en
apportant chacune différents concepts et niveaux d’analyse, mais elles proposent également des éclairages complémentaires sur la société et le changement sociétal, car elles s’appuient sur des théories de la société différentes. Ensemble, ces deux courants de recherche peuvent nous aider à mieux comprendre de potentiel et les limites de l’EC pour rendre nos organisations et nos économies plus soutenables. C’est pourquoi, dans ce numéro spécial, nous nous intéressons à la recherche qui vise à explorer l’EC à partir de perspectives managériales, organisationnelles et inter-organisationnelles. Voici, de manière indicative, des questions et thèmes qui pourraient être abordés pour ce numéro spécial, mais toutes les recherches qui font l’effort de croiser les deux perspectives susciteront notre intérêt :

Outils et méthodes de gestion de l’EC

Les outils et méthodes de gestion sont nécessaires à la mise en oeuvre de l’économie circulaire. Quels
sont les principaux défis associés à la mise en oeuvre, à l’extension et au suivi de l’EC ? Quels sont les
indicateurs, les outils, les méthodes et les meilleures pratiques pour gérer l’EC en interne, en externe, tout au long de la chaîne d’approvisionnement, voire dans l’ensemble d’une filière industrielle ? Quelle est la
performativité des outils de gestion de l’EC pour la diffusion de la pensée circulaire?

Les dimensions humaines de l’EC

Le concept-parapluie d’EC s’est largement structuré autour de l’optimisation de ressources matérielles,
laissant beaucoup de côté les dimensions humaines qui portent sur le bien-être, l’équité et le social entre autres. Quels sont les défis à relever lorsque l’EC commence à remettre en question les routines établies d’un groupe humain? Comment les responsables peuvent-ils relever ces défis ? Quelles sont les composantes psychologiques, humaines et émotionnelles en jeu dans les initiatives d’EC ? Quelles sont les conséquences de la diffusion de l’EC en termes d’emplois? De travail ? D’inclusion socio-économique?

Les relations de pouvoir dans l’EC

L’EC crée de fortes interdépendances entre de nombreuses organisations à différentes échelles, tant sur
un territoire local qu’à l’international : comment l’adoption de l’EC modifie-t-elle la dynamique du pouvoir au sein des organisations, entre elles, et au-delà ? Quelles relations l’EC favorise-t-elle entre les différents
secteurs de la société : économie sociale, autorités gouvernementales, secteur public? Avec quelles
implications en termes de justice sociale, environnementale et climatique?

L’EC et l’organisation à l’extérieur des organisations (et entre elles)

Comment gérer dans des «boucles» de flux matériels et informationnels, plutôt que dans le cadre des
organisations conventionnelles? Alors que l’EC nous pousse à nous concentrer sur les flux matériels transorganisationnels au sein des limites planétaires, comment gérer en dehors et au-delà des organisations? Comment gérer l’EC au niveau d’un territoire, d’une filière, ou encore d’une chaine d’approvisionnement? Dans le contexte de l’EC, comment repenser les frontières organisationnelles, le droit de propriété, la collaboration ou encore de la concurrence ?

Vers une société circulaire d’un point de vue social et institutionnel

Nombre d’initiatives d’EC ont une vocation locale, mais un nombre grandissant de politiques publiques
cherchent à promouvoir la circularité au niveau de la société dans son ensemble. Comment, par quels
mécanismes, et dans quelles conditions les initiatives locales d’EC peuvent-elles être efficacement « mises à l’échelle »? Et inversement, comment l’adoption généralisée de l’EC peut-elle déclencher un changement fondamental dans nos modes de pensée vers une conception plus éco-centrique des organisations, des institutions et de la société?

Soumission des propositions

  • 6 janvier 2025 : soumission d’articles complets (3000 à 6000 caractères, espaces inclus et références comprises)
  • Automne 2026 : Publication

Les soumissions sont acceptées en français, anglais et espagnol.

Ce numéro spécial est soutenu par le Réseau de recherche en économie circulaire du Québec (RRECQ).

Courriel pour les soumissions : info@rrecq.ca

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