Les professeurs Sophie Bernard et Justin Leroux, avec l’étudiante Valérie Patreau, ont analysé les politiques publiques permettant de sortir du plastique à usage unique et d’adopter des pratiques plus durables.  Découvrez le résumé de leurs travaux.  

Résumé

Le projet vise à analyser les mesures publiques permettant de réduire les déchets plastique à la source et à favoriser le passage des produits à usage unique vers des solutions réutilisables, tant dans les habitudes d’achat des consommatrices et consommateurs qu’en contexte de crise sanitaire comme la COVID-19.

Les données utilisées sont issues d’une vaste enquête pancanadienne sur la consommation zéro déchet. Elles permettent de fournir un éclairage essentiel pour soutenir les décisions gouvernementales vers une économie circulaire du plastique. 

La littérature scientifique montre que les emballages représentent près de la moitié des déchets plastiques au Canada et que le recyclage demeure beaucoup trop insuffisant. Une transformation des systèmes de consommation et des comportements est indispensable. Toutefois, nos résultats indiquent que, même si les consommatrices et consommateurs souhaitent réduire les déchets, qu’une majorité d’entre eux se dit prête à acheter des produits en vrac, la majorité n’est pas prête à payer davantage pour ces produits en vrac avec contenants réutilisables. Cette réticence, influencée par l’âge, le genre, la commodité perçue ou les comportements pro-environnementaux, révèle un écart entre intentions et comportements effectifs. 

Pour encourager le changement, les politiques publiques jouent un rôle crucial. On note cependant qu’un décalage persiste entre les mesures les plus recommandées par les experts (bannissement, mesures d’écofiscalité) et leur acceptabilité sociale. La perception de leur efficacité est un élément clé pour renforcer cette acceptabilité et elle varie selon des caractéristiques socio-démographiques, les habitudes de consommation et les attitudes environnementales. Des politiques intégrées – règles, incitatifs, normes sociales et communication – sont nécessaires pour soutenir la consommation en vrac et la réutilisation. 

De plus, la pandémie de Covid-19 a perturbé les avancées en faveur d’un mouvement zéro déchet, entraînant une hausse importante des plastiques à usage unique utilisés, notamment pour des raisons sanitaires. Si les ménages en sont conscients, seul un quart se dit prêt à contribuer financièrement à des mesures préventives pour mieux gérer les plastiques lors de futures crises. La volonté de payer dépend de facteurs tels que l’âge, le revenu, l’éducation ou les croyances environnementales. 

En combinant analyses économiques, comportementales et sociales, notre projet fournit des outils concrets pour renforcer la réduction à la source par la réutilisation, pour améliorer l’acceptabilité des politiques et soutenir la feuille de route vers une économie circulaire du plastique au Québec et au Canada, y compris dans un contexte de futures crises sanitaires.

Perception des consommateurs canadiens de l’efficacité des mesures publiques pour diminuer les déchets ménagers

À propos du projet

Le projet « Sortir du plastique à usage unique – politiques publiques et leviers vers une économie circulaire du plastique durable » a été mené par Valérie Patreau, sous la direction des professeurs Sophie Bernard et Justin Leroux 

Le RRECQ est soutenu par les Fonds de recherche du Québec.
Fonds de recherche - Québec