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Le métabolisme urbain comme outil de gestion de la transition en économie circulaire ? Étude d’une arène de transition en urbanisme
Sous la direction des professeur.e.s Franck Scherrer de l’Université de Montréal et Fanny Tremblay-Racicot de l’ÉNAP, Philippe Genois-Lefrançois a mené un projet visant à mieux comprendre comment le métabolisme urbain peut soutenir l’innovation et éclairer la prise de décision dans des initiatives d’urbanisme favorisant la circularité des flux de matériaux de construction et de matières organiques. Découvrez le résumé de leurs travaux.
Résumé
Ce projet de recherche, intitulé « Le métabolisme urbain comme outil de gestion de la transition en économie circulaire ? Étude d’une arène de transition en urbanisme », cherche à explorer la capacité du métabolisme urbain, de ses différentes dimensions méthodologiques et narratives, à soutenir l’innovation et la prise de décision dans le cadre d’initiatives d’urbanisme orientées vers circularité des flux de matériaux de construction et de matières organiques.
Plus spécifiquement, l’équipe de recherche s’interrogeait sur les modalités et retombées de l’activation d’une perspective métabolique, à travers des outils tels que les dispositifs de modélisation issues du métabolisme urbain; les représentations de l’analyse de flux de matières; la cartographie; et le champ sémantique métabolique, dans le déploiement de démarches d’urbanisme circulaire. L’équipe de recherche s’intéressait particulièrement, à travers une méthodologie de recherche-expérimentation, à identifier les effets générés par ces activations sur la structuration des dispositifs de planification; le cadrage des enjeux; ainsi que sur la conception des solutions territoriales.
La première phase du projet a consisté en une recension des approches expérimentales d’urbanisme et de gouvernance urbaine mobilisant explicitement la perspective du métabolisme urbain. Cette étape a permis de constituer un corpus de littérature varié couvrant les différentes expérimentations et outils métaboliques en contexte urbain, ainsi que d’élaborer une typologie des modes d’arrimage entre ces approches et les différentes composantes des ateliers de prospective : visualisation d’utopies rationnelles, production de cartographies métaboliques, intégration d’innovations de rupture dans les scénarios et composition collaborative de séquences de backcasting. Les résultats issus de cette phase de recherche suggèrent que le métabolisme urbain offre un outillage conceptuel fertile pour structurer et enrichir les démarches de co-création territoriale, mais que ce potentiel est encore peu exploré et documenté.
Ce volet a permis a permis :
- de constituer une catégorisation des différentes exploitations des outils métabolique en contexte d’expérimentation urbaine;
- de réaliser une typologie des arrimages possibles entre les approches du métabolisme urbain et les différentes composantes d’un dispositif d’atelier de prospective.
Le second volet du projet a consisté à développer un dispositif d’urbanisme inspiré des méthodologies d’arènes d’innovation issues du Transition management. Il s’agissait plus spécifiquement de constituer un prototype d’ateliers de codesign prospectif destiné à mobiliser les acteurs du régime et des niches d’innovation d’un système de flux de matières sur un territoire particulier (arrondissements montréalais). Ce prototype possède comme singularité d’intégrer plusieurs dimensions de la perspective métabolique : connaissances et innovations de rupture métabolique pour enrichir l’imaginaire des récits prospectifs; diagrammes de visualisation de flux permettant de visualiser des futurs possibles de circularité; dispositifs participatifs de cartographie pour incarner les solutions codéveloppées; intégrations de contraintes liées aux flux et à leurs infrastructures dédiées dans l’étape de backcasting).
La prochaine étape du projet consistera à développer quatre à six séances de codesign sur quatre territoires montréalais. Ces séances seront l’occasion d’adapter le dispositif d’atelier aux enjeux territoriaux ainsi qu’aux flux travaillés (construction et biomasse). Ces ateliers viseront à imaginer collectivement des solutions territorialisées d’économie circulaire adaptées aux territoires d’interventions à travers le dispositif d’atelier développé.